A Aubervilliers, une timide mobilisation anti-Jeux olympiques

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Les cinq anneaux olympiques ont été barrés en dessous du slogan « Cojo : la fête est finie ». La banderole déployée résume le mot d’ordre de la manifestation qui s’est tenue dimanche 11 décembre, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), devant le siège du Comité d’organisation des jeux olympiques (COJO) Paris 2024. Une cinquantaine de personnes se sont réunies dans le froid, à l’initiative du collectif Saccage 2024, créé en novembre 2020, pour s’opposer aux « saccages écologiques, démocratiques, sociaux » des Jeux olympiques et paralympiques de 2024, selon l’appel de l’organisateur.

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La date n’a pas été choisie au hasard puisque le lendemain, lundi 12 décembre, le conseil d’administration du COJO doit présenter sa révision du budget pour les Jeux. Il devrait augmenter de 400 millions d’euros, soit une hausse d’environ 10 %. Selon Paris 2024, la moitié de cette augmentation serait imputable à l’inflation. « Dès le départ, le budget présenté n’était ni crédible, ni sérieux », dénonce Frédéric Viale, enseignant et membre du collectif Saccage 2024. Et tous les militants sont convaincus qu’il ne s’agira pas de la dernière augmentation, ce qui passe mal en ces temps de crise.

« D’un côté on va obliger les habitants de Seine-Saint-Denis à se serrer la ceinture, nous demander de couper le chauffage ou l’électricité, de l’autre on a un budget opaque des Jeux qui explose, soutient Arthur, 25 ans, référent de l’organisation. On est là pour montrer au COJO qu’on les surveille malgré le froid et essayer de leur mettre un peu la pression.  »

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« Un cheval de Troie pour bétonner de plus en plus »

Micro en main, Nora, autre militante du collectif, amorce sa prise de parole en rendant hommage aux milliers d’ouvriers qui seraient morts lors de la construction des stades pour la Coupe du monde de football au Qatar. « Les scandales autour de ces mégacompétitions ne sont pas que là-bas, ça se passe aussi chez nous », déclame-t-elle, en prenant l’exemple des travailleurs sans papiers sur les chantiers actuels en Ile-de-France et leurs conditions de travail. « On nous parle d’insertion par l’emploi, mais en réalité on exploite juste des gens dans des situations précaires », ajoute Arthur. Le militant enchaîne ensuite sur la question du bénévolat, qui leur tient, elle aussi, à cœur. Ils dénoncent du « travail dissimulé » dans une opération commerciale au profit du Comité international olympique qui retirera de nombreux bénéfices de la compétition.

Dans les conversations, les arguments écologiques arrivent aussi vite que les accusations de « greenwashing » envers le comité olympique. Plusieurs associations contestant des projets d’urbanisme, notamment pour défendre les jardins ouvriers d’Aubervilliers, étaient représentées. Michèle Loup, retraitée de 76 ans, était là au nom du collectif « Pour le triangle de Gonesse », qui lutte depuis dix ans contre l’urbanisation de terres fertiles au nord de Paris. « Les Jeux sont un cheval de Troie pour bétonner de plus en plus, souffle-t-elle. Tous ces projets climaticides, on le voit bien au Qatar en ce moment, continuent à faire en sorte que l’on consomme les ressources de six planètes, alors que l’on n’en a qu’une. »

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