à Mulhouse, l’hôpital est en grève cette semaine

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REPORTAGE

« On a le droit de faire ce qu’on veut de notre corps aussi, a le droit de dire non au vaccin », lance Caroline, l’une des agents d’entretien de l’hôpital de Mulhouse. Sur le front de l’épidémie de coronavirus, la tension reste vive à l’hôpital, sur le plan sanitaire, en raison de la progression du variant delta. Mais sur le plan social également, la rentrée s’annonce tendue. L’hôpital de Mulhouse est ainsi en grève cette semaine contre l’obligation vaccinale faite aux soignants, avec une manifestation prévue jeudi.

« On est considérés comme des hors-la-loi »

Au sein de l’établissement hospitalier alsacien, environ 65% des agents sont vaccinés, beaucoup plus chez les médecins, beaucoup moins chez les aides-soignants ou les agents d’entretien. « J’appelle ça de la dictature. On ne demande pas aux gens soit le vaccin, soit plus rien. Ça ne se dit pas, ce n’est pas humain », peste Nadia, agent d’entretien également. Les deux femmes sont ulcérées « qu’on les force à s’injecter un produit dans le corps ».

Deuxième mesure qui ne passe pas : la suspension des contrats des non-vaccinés. « Auparavant, on nous faisait venir positif au Covid pour aller bosser. Et maintenant que le vaccin existe, on est considérés comme des hors-la-loi », poursuit Nadia, dépitée.

« C’est désolant »

L’entrée en vigueur de l’obligation vaccinale pour les personnels des services de soins et de santé est fixée au 15 septembre prochain. Et cette date panique les équipes, d’après Nathalie, du syndicat Unsa : « On a interrogé nos adhérents. On a eu énormément d’appels, de gens désespérés qui attendaient qu’on les soutienne, qui ne veulent pas se retrouver le couteau sous la gorge », décrit-elle.

Pour Nathalie, la grève des soignants n’est pas « un mouvement anti-vaccin ». « On respecte les gens qui ont fait le choix de se vacciner et les agents qui ont fait le choix de ne pas se faire injecter ce vaccin », assure-t-elle. Le mouvement désespère certains vaccinés au sein de l’hôpital de Mulhouse. Pour un docteur chef de service, « c’est désolant ». « A croire que les personnels ont oublié qu’ici, l’année dernière, on a vécu l’enfer », conclut-il.



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