Aurélien Tchouaméni, au centre des Bleus

0 0


Le Real Madrid est sorti perdant du feuilleton Kylian Mbappé, qui a finalement choisi de rester au Paris-Saint-Germain, mais il pourrait quand même tenir la recrue de l’été. Le club espagnol s’apprêterait à débourser plus de 100 millions d’euros pour s’attacher les services d’Aurélien Tchouaméni, comme l’ont révélé cette semaine plusieurs médias, dont le site The Athletic.

Après deux saisons pleines à l’AS Monaco, le milieu de terrain de 22 ans va entrer dans une nouvelle galaxie, celle du club le plus titré d’Europe : quatorze fois vainqueur de la Ligue des champions (ou ex-Coupe des clubs champions, son ancienne appellation jusqu’en 1992), la dernière célébrée à la fin de mai au Stade de France, face à Liverpool.

Elu révélation du championnat de France avec Monaco en 2020-2021, Aurélien Tchouaméni a confirmé son potentiel la saison passée, œuvrant à hisser l’équipe du Rocher sur le podium du championnat. Convoqué en équipe de France pour la première fois en août 2021, il a également remporté la Ligue des nations avec les Bleus à l’automne.

Vendredi 10 juin, il figurera encore dans le groupe retenu par Didier Deschamps qui affrontera l’Autriche dans le cadre de cette même Ligue des nations édition 2022-2023. Comme il avait été présent lors des deux rencontres précédentes, contre le Danemark et la Croatie. Avec cependant, pour un joueur qui disputait ainsi son soixantième match de la saison, une petite baisse de « rendement », comme l’a relevé Didier Deschamps : « Je ne dis pas qu’il n’a pas été bon. Je l’ai trouvé plus performant au mois de mars, mais c’est le seul joueur qui a enchaîné aussi, ce n’est pas un robot. »

Lire aussi : Ligue 1 : le printemps tonitruant de Monaco

« Impossible de le remplacer par un joueur du même niveau »

Pour Philippe Clement, son entraîneur à Monaco, « ce sera impossible de le remplacer par un joueur du même niveau ». C’est que, habile pour récupérer le ballon dans les pieds adverses, le numéro 8 est aussi un talentueux distributeur de jeu vers les attaquants. « Je trouve qu’il a vraiment passé un cap dans l’utilisation du ballon », détaillait en août 2021 dans France Football son ami Jules Koundé, avec qui il avait été champion de France des moins de 19 ans chez les Girondins de Bordeaux.

Pour autant, le natif de Rouen, qui n’a encore jamais goûté à une grande compétition internationale, comme un Euro ou un Mondial, ni aux matchs de Ligue des champions au-delà des tours préliminaires estivaux, ne risque-t-il pas de se brûler les ailes en étant propulsé si haut, si tôt et si cher ?

Certes, le milieu a encore tout à prouver sur le prestigieux terrain du stade Bernabeu, à Madrid, mais la maturité qui le caractérise est un atout. Lionel Rouxel, qui a suivi la génération 2000 des équipes de France de moins de 16 ans aux moins de 20 ans, peut en témoigner. Pas toujours titulaire en sélection, le jeune espoir a néanmoins suivi toutes les étapes.

« Aurélien était très observateur et il imprimait les consignes », note le sélectionneur, qui se souvient des entretiens individuels avec lui : « Aurélien voulait jouer en équipe de France A et gagner la Ligue des champions. On voyait dans ses yeux qu’il avait la volonté de mettre tous les moyens pour y arriver. C’est peut-être la différence avec certains pour qui ces mots n’étaient qu’un rêve. »

Le bac S dans la foulée de son premier contrat professionnel

Durant son enfance, le garçon a commencé par faire du judo avant de chausser les crampons à Artigues, dans la région bordelaise. Vite repéré sur les radars des Girondins, il a eu la possibilité de rejoindre le centre de préformation du club. Mais le papa, pharmacien, et la maman, conseillère principale d’éducation, ont d’abord refusé afin que leur fils grandisse dans le cadre familial. Ensuite, ce mordu de la culture nord-américaine (basket, rap, etc.) a fait ses classes aux Girondins jusqu’à obtenir son premier contrat professionnel, à 17 ans, quelques mois avant l’obtention de son bac S.

Lire aussi : France-Croatie : les Bleus cèdent encore dans les dernières minutes et se contentent du nul en Ligue des nations

Chez « les grands », le jeune ambitieux a d’abord eu du mal à se faire une place dans l’équipe, mais il est resté patient. « Je ne l’ai jamais vu agacé après une séance d’entraînement ou vexé de ne pas jouer. Il était toujours sérieux, appliqué et respectueux », certifie Younousse Sankharé, qui était un cadre du groupe bordelais.

A la même période, le jeune Aurélien consulte un préparateur mental avec qui il met le doigt sur « l’activation » d’avant-match. Soucieux du fameux « travail invisible », le joueur s’appuie sur les compétences d’un analyste vidéo, un psychologue, un kinésithérapeute, un ostéopathe, un préparateur physique, un chef cuisinier et un diététicien. « Avant de mettre un canapé dans sa maison, on a d’abord fait une salle de sport », témoignait Jonathan Kébé, son agent, à France Football en août 2021.

Dans le vestiaire monégasque, Aurélien Tchouaméni s’était rapproché de l’expérimenté Cesc Fabregas, double champion d’Europe et champion du monde avec l’Espagne, pour capter une part de son expérience. Il en a aussi profité pour lui demander le numéro de téléphone de Patrick Vieira, l’ancien international, devenu entraîneur, qui évoluait au même poste que lui, « car c’est une référence ». Ce qu’il ambitionne de devenir un jour à son tour. Didier Deschamps, lui, dès le mois de mars après un match amical contre la Côte d’Ivoire, avait évoqué à son propos « un potentiel énorme, avec beaucoup de maîtrise ».





Source

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

Average Rating

5 Star
0%
4 Star
0%
3 Star
0%
2 Star
0%
1 Star
0%

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *