avec son projet de Super Ligue, Greg Norman veut prendre sa revanche

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Derrière le projet de Super Ligue de golf soutenu par le fonds d’investissement public saoudien, il y a un homme : Greg Norman. Pour les passionnés de longue date de la petite balle blanche, la longue chevelure blanche de l’Australien, dissimulée sous son chapeau façon cow-boy, rappelle forcément quelques souvenirs.

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Avant d’être aujourd’hui un homme d’affaires, Greg Norman a été un grand joueur à la carrière prolifique. Les chiffres sont parlants : vingt victoires sur le PGA Tour, le principal circuit professionnel, quatorze sur le Tour européen, numéro un mondial pendant trois cent trente et une semaines au total. Il est aussi le premier joueur à dépasser les 10 millions de dollars (plus de 9 millions d’euros) de gains cumulés en carrière.

Celui qui a été désigné deux fois par la BBC personnalité sportive de l’année « occupe une place très importante dans le golf, mais je ne sais pas ce qu’il en restera dans vingt ou trente ans, s’interroge pourtant Sébastien Audoux, ancien rédacteur en chef de la chaîne Golf+. Ce sont des victoires dans les grands tournois qui lui manquent ».

« Le Requin » a tout de Poulidor

Greg Norman a certes accroché deux tournois majeurs à son tableau de chasse dans sa carrière, en s’adjugeant le British Open en 1986 et 1993, mais ceux-ci pèsent peu face à ses sept deuxièmes places. « Le Requin », son surnom, aurait pu espérer bien plus à la vue de son talent et de la qualité de son swing, unanimement reconnu. « C’est un peu le Poulidor du golf, le loser magnifique, poursuit Sébastien Audoux. Il a perdu beaucoup de tournois dans des circonstances incroyables, des coups improbables rentrés par ses adversaires. »

Dans l’Ohio, en 1986, après avoir mené pendant tout le tournoi, il perd le PGA Championship sur le 72e et dernier trou. L’Américain Bob Tway réussit une sortie de bunker (obstacle de sable) improbable pour empocher la victoire. Rebelote un an plus tard au Masters d’Augusta (Etats-Unis) lorsque Larry Mize entre un coup d’une quarantaine de mètres pour priver une nouvelle fois Greg Norman d’un titre en majeur.

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Le pire intervient en 1996, toujours au Masters d’Augusta. L’Australien s’effondre lors de la dernière journée alors qu’il menait confortablement. La victoire revient finalement à son rival anglais Nick Faldo. Ce renversement de situation sera d’ailleurs prochainement à l’affiche de la série réputée de documentaires « 30 for 30 », réalisée par la chaîne de télévision américaine ESPN.

Une vision datant des années 1990

Pourquoi un ancien de joueur de ce niveau dont la fortune est estimée à environ 400 millions de dollars (plus de 365 millions d’euros) se lance-t-il alors dans ce projet dissident ? « Je ne pense pas que Greg Norman, à son âge [67 ans] et avec sa fortune, s’engage pour gagner des millions, glisse Sébastien Audoux. Sa motivation, c’est la vision qu’il a eue au début des années 1990 et qu’il n’a jamais réussi à matérialiser. Maintenant, il a des fonds pour essayer de la réaliser. »

Dans les années 1990, le natif de Mount Isa, dans le Queensland (Australie), soutenait déjà l’idée d’une tournée mondiale, considérant que les meilleurs joueurs ne gagnaient pas une part assez juste des revenus engendrés. Rapidement enrayée, son idée a finalement été reprise quelques années plus tard… par le PGA Tour avec la création du World Golf Championships. Une compétition qui regroupe quatre tournois annuels reconnus par le PGA Tour et le Tour européen afin que les meilleurs joueurs s’y retrouvent.

« Il a toujours eu cet esprit de revanche, beaucoup d’aigreur par rapport à son idée qui lui avait été volée à l’époque », précise Sébastien Audoux. « Je peux dire catégoriquement que ce n’est pas une attaque directe envers le PGA Tour, déclarait Greg Norman, dans le magazine Australian Golf Digest, en novembre 2021, à propos de son projet de Super Ligue, désormais baptisée la LIV Golf Invitational Series. C’est purement et simplement pour l’amélioration du golf. »



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