« Ce qui me fait peur, c’est l’état psychologique du peloton »

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Le 16 juillet 1999, à Saint-Galmier (Loire), ville départ de la douzième étape, Christophe Bassons, 25 ans, abandonnait le Tour de France, victime des quolibets du milieu cycliste – y compris des coureurs de sa propre équipe, la Française des Jeux. Ce jour-là, le Tarnais paya comptant son image de coureur propre sur la Grande Boucle, déjà sous l’administration impitoyable de l’Américain Lance Armstrong. « Désespéré du monde professionnel », il a tourné la page du cyclisme sur route en 2001. Il a rejoint l’Agence française de lutte contre le dopage, avant de choisir, fin 2019, de se consacrer à la préventiondes conduites déviantes en tant que conseiller interrégional antidopage au sein de la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et au sport en Nouvelle-Aquitaine.

Quel regard portez-vous sur ce Tour de France 2021, alors que les performances de certains coureurs sur les premières semaines, notamment celles du maillot jaune Tadej Pogacar (UAE Emirates), suscitent des interrogations ?

Vue de l’extérieur, la domination de Pogacar, notamment lors de la montée du col de la Colombière [lors de la 8e étape entre Oyonnax et Le Grand-Bornand, le 3 juillet], est surprenante. Tous les ans, on voit une équipe ou un coureur qui sort du lot. Ce n’est pas quelque chose de nouveau. Certains aussi sont ponctuellement impressionnants, comme Wout van Aert par exemple [le coureur belge de la Jumbo-Visma s’est imposé lors de la 11e étape et sa double ascension du mont Ventoux]. Mais ils ont des qualités incroyables et font des courses compréhensibles…

Lire aussi le récit : Tadej Pogacar, « un pro qui roule avec des cadets »

Ce qui reste le plus surprenant pour moi, ce sont les vitesses. On a beau dire que Pogacar est devant, qu’il bat les records de puissance, etc., cela ne change rien au fait que, derrière, la globalité du peloton roule très vite.

Comment l’expliquer ?

Il y a une énorme médicalisation du peloton, qui permet de rouler à une telle vitesse. Cela procure une bonne récupération, qui permet de prendre le départ chaque jour à quasiment 100 %, mais aussi de faire fonctionner le corps à 110 %-120 %… On est capable de faire tout cela sans pour autant rentrer dans le dopage.

Cela étant, il y a des choses qui peuvent étonner : les puissances, l’encadrement de certains coureurs, le fait d’accumuler les prouesses de jour en jour ou le fait d’être multiterrain… C’est sûr que cela met le doute, mais peut-on dire que c’est dû à un dopage ? Une aide technologique ?

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