cinq questions pour tout comprendre

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Après le couac des tests en septembre, les spécialistes du coronavirus poussent ces derniers jours pour améliorer l’isolement, car le maillon faible du triptyque tester-tracer-isoler reste bien l’isolement. Pour le moment, il n’y a pas de véritable stratégie d’isolement en France, mais de simples recommandations données par le gouvernement, comme observer une quarantaine de sept jours chez soi et faire attention à ses proches. Mais à l’approche de la trêve de Noël et avec une stagnation de l’épidémie, faut-il revoir la stratégie nationale ?

Combien de personnes sont-elles accompagnées aujourd’hui ?

Au printemps dernier, des chaines d’hôtels avaient passé des accords pour accueillir des patients malades qui ne pouvaient pas s’isoler correctement. En définitive, selon les chiffres qu’Europe 1 a pu recueillir mardi, seuls 147 personnes étaient accompagnées dans leur isolement, dont moins de la moitié hébergés dans des lieux dédiés, à Paris, Marseille, Bordeaux ou Orléans. Cela reste un chiffre très faible au regard des 75.000 cas positifs par semaine, sans parler de leurs cas contacts.

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Sans stratégie nationale, lorsqu’on est malade, chacun chez soi s’organise comme il peut. Cela occasionne forcément des approximations et des erreurs qui conduisent à une explosion de contaminations au sein des familles.

Quelle dispositif est appliqué à Paris ? 

Comment améliorer cette prise en charge et mieux surveiller les patients du Covid-19 ? La clé de l’isolement repose sur l’accompagnement des malades. Depuis plusieurs mois, à Paris, un dispositif expérimental nommé « Covisan » aide les patients à bien intégrer des règles pour ne pas contaminer ses proches.

«  On demande aux personnes quelle est la taille de leur appartement, combien il y a de chambres… « 

Dans ce dispositif, on est très loin du simple SMS un peu mécanique envoyé par l’Assurance maladie. « C’est vraiment du sur-mesure », affirme Guillaume Ah-Ting, un des coordinateurs du dispositif Covisan à Paris. « On demande aux personnes quelle est la taille de leur appartement, combien il y a de chambres, s’il y a une fenêtre dans la salle de bain… On pose toutes ces questions-là pour s’organiser avec eux, au mieux, compte tenu de leur appartement, pour savoir comment ils prennent les repas, où ils dorment et s’il faut leur faire livrer des courses. 

Comment les autres pays font-ils ?

La Grèce est le pays d’Europe le plus strict en matière d’isolement. Les malades qui ne le respectent pas risquent 5 ans de prison, voire la réclusion à perpétuité si leur comportement est responsable de plusieurs décès.

En Italie, la loi prévoit trois à dix-huit mois de prison pour les personnes contaminées qui ne s’isolent pas. Tout dépend si les malades se sont promenés seuls dans un parc ou, pire, s’ils ont pris le métro. « Je crois que mettre une sanction est efficace parce que les gens, dès la première vague, ont respecté les mesures d’isolement », assure Virginia Coradini, docteur réanimateur à Rome. « En Italie, il y a un système de tracing et des policiers peuvent venir toquer à ta porte et voir si tu es bien dans ton habitation. Cela permet de faire comprendre aux gens que c’est très important. »

En Allemagne, en Angleterre et en Espagne, les forces de l’ordre font des contrôles directement à domicile. En Espagne, des amendes pouvant aller jusqu’à 600.000 euros en cas de récidive. 

Loin de l’Europe, en Asie, la Corée du Sud mène l’une des politiques d’isolement les plus drastiques du monde. Les malades sont isolés dans des centres spécialisés avec l’obligation, pour ceux qui n’ont pas respecté la règle, de porter un bracelet électronique.

Pourquoi ne pas davantage solliciter les hôtels ?

Comme indiqué plus haut, les hôtels s’étaient proposés lors de la première vague, mais n’ont pas été très sollicités. Ils viennent de signer une nouvelle charte pour l’accueil et l’isolement des malades Covid. Elle prévoit la mise à disposition de plus de 1.000 hôtels répartis sur tout le territoire et une indemnisation de l’hébergement pris en charge par l’État (entre 30 et 60 euros selon la catégorie de l’hôtel). Tout est en place, mais les hôtels restent vides. La faute à l’Etat, qui n’a pas encore mis en place de réelle stratégie d’isolement.

L’autre explication d’une faible sollicitation des hôtels vient du caractère facultatif de cet isolement hôtelier : « Les organismes d’Etat et la Sécurité sociale peuvent proposer à la individu d’aller s’isoler dans un établissement hôtelier. Pour autant, la individu a toute liberté d’accepter ou de refuser », rappelle Jean-Virgile Crance, président du groupement national des chaînes hôtelières. « Un certain nombre de personnes ne retiennent pas cette option. »

Castex pourrait-il décréter l’obligation de l’isolement ?

Une autre idée est sur la table : celle de l’obligation de l’isolement. Une proposition de loi a été déposée par le groupe Agir à l’Assemblée nationale la semaine dernière. Elle sera débattue dans les prochains jours et prévoit des compensations financières si la individu isolée doit s’arrêter de travailler mais aussi une amende de 1.500 euros en cas de non-respect de la règle.

Le Premier ministre doit s’exprimer à ce sujet jeudi soir lors d’une conférence de presse. Jean Castex n’exclut pas, en dernière extrémité, la mise en place de sanctions en cas de non-respect de l’isolement.



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