comment détecter et traiter une scoliose ?

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Certains diront que le mal de dos est le mal du siècle. Et un de ces maux est aujourd’hui plus facilement détectable : c’est la scoliose. Cette maladie est une déformation de la colonne vertébrale qui intervient durant l’enfance et l’adolescence. Il en existe plusieurs sortes avec chacune des spécificités, comme l’a expliqué le docteur Jean-François Catanzariti,  spécialiste en médecine physique et de réadaptation au CHU de Lille et docteur à la maison de la scoliose dans l’émission Bienfait pour vous sur Europe 1.

Qui est généralement atteint par une scoliose ?

« C’est une pathologie qui survient surtout pendant l’adolescence, parce que c’est le moment où il y a la croissance qui est la plus importante », commence le spécialiste. Du fait d’une croissance trop rapide, la colonne vertébrale tend à se vriller. L’image la plus commune donnée aux enfants pour expliquer ce trouble est celui de l’escalier en colimaçon et si la scoliose est vue de face, celle du « S ». Des adultes peuvent aussi être atteints de scoliose, mais il s’agit généralement de ceux qui ont grandi avec. « Ce n’est cependant pas la croissance qui crée la scoliose, mais c’est la croissance qui la révèle », précise le docteur. Grâce aux soins, la scoliose se stabilise. Cependant, il arrive qu’elle évolue encore à l’âge adulte.

Selon l’Assurance maladie, la scoliose concerne en moyenne 0.5 à 2 % des 8-15 ans et les filles sont statistiquement huit fois plus touchées que les garçons. Une différence qui n’a pour le moment pas d’explications sûres. « Les chercheurs de la Fondation Cotrel qui travaillent sur cette thématique pensent que les garçons ont une protection, peut être par rapport à leurs hormones, notamment la testostérone. Elle serait peut-être protectrice sur le développement de la scoliose. Mais ce n’est qu’une hypothèse. Pour l’instant, cela reste encore flou. C’est une maladie qui reste assez mystérieuse », complète Jean-François Catanzariti.

Quelles sont les techniques pour la détecter ?

Pour détecter une scoliose, il suffit d’observer la posture de l’enfant. Une épaule plus basse peut par exemple être un bon indicateur. Si l’enfant est atteint de scoliose, il aura une « gibbosité » lorsqu’il se penchera en avant, c’est-à-dire un décalage, voire une bosse. Mais le premier réflexe doit rester un dépistage avec un docteur ou un kinésithérapeute. Ensuite s’il y a un doute, l’enfant fait une radiographie du rachis total, soit une radio de face et de profil. S’il est facile de détecter une scoliose, Jean-François Catanzariti dénonce un manque de dépistage, notamment en milieu scolaire.

« Je me souviens très bien de ça durant mon enfance. On était en rang d’oignons et on passait derrière nous et on nous demandait de nous pencher en avant. Les médecins regardaient si on avait une gibbosité et ça prenait vingt secondes », raconte le docteur. Mais ce genre de dépistage s’est raréfié avec le temps. « Cela fait toujours partie de ce que devrait faire la médecine scolaire. Le problème, c’est qu’il n’y a plus de médecins scolaires. Et plus beaucoup d’infirmières scolaires donc si on leur donne cette mission, elles seront encore moins disponibles », précise-t-il. La Fondation Cotrel préconise un dépistage dès l’âge de huit ans, le plus tôt possible étant le mieux.

Une scoliose non traitée peut avoir de graves conséquences à terme. La colonne vertébrale est le pilier de la posture, et donc ce qui va permettre d’être vertical. C’est aussi ce qui va donner appui à la cage thoracique. « Toute pathologie de la colonne vertébrale va agir sur votre posture, va agir sur la cage thoracique, va la déformer et va risquer de créer une limitation de la capacité respiratoire, ce qui le risque principal », explique Jean-François Catanzariti. À l’âge adulte, les personnes atteintes de scoliose risquent d’avoir une usure plus précoce de l’arthrose et des hernies discales plus importantes. 

Traiter la scoliose par le sport

Selon le docteur, au-delà des mauvaises postures, c’est le manque d’activité physique qui aggrave la scoliose. Une récente étude montre que dans les pays occidentaux, il y a une très forte diminution de l’activité physique chez les adolescents depuis vingt ans et la France est 18e du classement. Elle est donc très mauvaise.

« Lorsque l’on a une scoliose, il faut faire du sport pour fortifier les muscles autour du rachis. Pendant longtemps, on a contre indiqué le sport. Il y a beaucoup de fausses croyances. On peut faire tous les sports, y compris les sports dits asymétriques. Les études montrent qu’il n’y a pas plus de risque quand on a une scoliose grave de faire du tennis à haut niveau que de la natation par exemple », éclaire le spécialiste. Il précise cependant que deux sports peuvent être dangereux à haut niveau : la gymnastique et la danse classique. Mais seulement s’ils sont pratiqués plus de dix heures par semaine.

Si la scoliose est plus grave et qu’un traitement par l’activité physique n’est pas possible, d’autres méthodes existent. Des séances de kinésithérapie, éventuellement aidé par d’autres éducateurs comme les ergothérapeutes, les podologues peuvent aider à soigner la pathologie. Enfin pour les cas les plus graves, le port d’un corset pour permettre de diminuer efficacement la courbure de la colonne. Selon le docteur, d’autres méthodes sont à l’étude et la recherche continue sur cette pathologie mystérieuse.



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