des Jeux sans accrocs pour la Chine malgré un contexte « difficile »

0 0



Alors que les Jeux olympiques se sont achevés dimanche, la Chine a tenu son pari : la compétition s’est déroulée sans incidents majeurs malgré un manque flagrant de ferveur populaire.

Une pincée de Covid, un soupçon de politique, une fine couche de neige, un maigre public mais aussi une grosse dose de Valieva et des exploits sportifs à foison, à l’instar de Quentin Fillon Maillet et d’Eileen Gu : les Jeux olympiques de Pékin se sont achevés, dimanche 20 février, sur le cocktail habituel.

Dans le stade national de Pékin, le président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, a déclaré « clos » les Jeux olympiques d’hiver 2022.

Le prochain rendez-vous des JO d’hiver aura lieu en Italie, conjointement  à Milan et Cortina d’Ampezzo, en 2026, tandis que la flamme olympique s’allumera la prochaine fois pour les JO d’été 2024 à Paris.

À Pékin, la cérémonie de clôture a, comme prévu, débuté à 20 h (13 h françaises), abaissant le rideau sur cette quinzaine si particulière, sous le régime d’une bulle sanitaire très stricte qui a grandement gâché la fête olympique.

Tout aussi regrettable mais plus commun dans l’histoire olympique, le dopage s’est aussi invité à Pékin avec un nom : Kamila Valieva.

À 15 ans, la patineuse russe se retrouve au centre d’une retentissante affaire qui se poursuivra bien au-delà du rendez-vous chinois.

>> À lire : Anorexie, exigence et dopage : derrière la patineuse Kamila Valieva, l’ombre d’Eteri Tutberidze

Arrivée comme grande favorite de l’épreuve individuelle, grâce notamment à ses quadruples sauts, Valieva a commencé par remporter l’épreuve par équipes, devant les Américains et le Japon, le 7 février. Patatras ! Le lendemain, elle est notifiée d’un contrôle antidopage positif pour un test réalisé le 25 décembre.

À coup d’appel et de procédures, Valieva, le CIO et l’Agence mondiale antidopage tentent de démêler l’imbroglio.

À la veille de l’épreuve individuelle, la patineuse est finalement autorisée à participer. Mais le CIO prévient qu’il considèrera les résultats comme provisoires et ne donnera pas de médailles tant que le cas ne sera pas réglé – ce qui peut prendre des mois. Finalement, après avoir dominé le programme court, elle craque littéralement dans le libre et termine… au pied du podium, usée par la pression.

Vite rentrée chez elle, l’adolescente doit maintenant se remettre et attendre, tout comme les Américains, furieux de ne pas avoir reçu leur médaille, et les Japonais.

Le biathlon à fond la forme

Des médailles, certains s’en sont abreuvé. Quentin Fillon Maillet en a accumulé cinq, exploit qu’aucun Français n’avait jamais réussi lors d’une même édition olympique d’hiver.

Le Jurassien quitte ces JO avec deux titres (individuel et poursuite) et trois médailles d’argent (relais mixte et hommes, sprint), plus que n’importe quel autre sportif de ces JO, à égalité avec son grand rival norvégien Johannes Boe, la biathlète également norvégienne Marte Olsbu Roeiseland et le fondeur russe Alexander Bolshunov.

« QFM » aura donc été le principal pourvoyeur de médailles françaises. Avec ses cinq podiums, plus le titre de Justine Braisaz-Bouchet en mass-start et l’argent d’Anaïs Chevalier-Bouchet en individuel, le biathlon vaut même la moitié des quatorze médailles du camp français.

Après l’échec en quarts de finale des skieurs alpins lors de l’épreuve par équipes dimanche, le décompte français s’est arrêté à une unité du record des JO-2018.

Les Bleus peuvent toutefois se consoler avec autant de médailles d’or, puisqu’à celles de Fillon Maillet et de Braisaz-Bouchet, s’ajoutent Clément Noël en slalom et le duo Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron en danse sur glace.

Malheureusement, ces exploits n’ont pu être aussi festifs qu’ils le méritaient.

Un public discret

Le public invité par les responsables était bien présent – contrairement à l’été dernier à Tokyo – mais, avec moins de 100 000 spectateurs annoncés par les organisateurs – contre 1 million il y a quatre ans à Pyeongchang – répartis sur treize sites et 109 épreuves, ces JO ont été moroses et souvent silencieux.

La bulle sanitaire a en effet gâché une grande partie du plaisir, avec le port du masque obligatoire, les tests quotidiens et surtout les restrictions de déplacement, l’impossibilité pour les sportifs de rester quelques jours une fois leurs épreuves terminées pour aller encourager leur compatriotes, d’échapper à cette bulle pour rencontrer la population locale…

Mais, finalement, la politique zéro Covid des organisateurs a fonctionné. Certes, quelques sportifs, touchés par le Covid-19, ont dû renoncer à leur rêve olympique. Mais, au regard des plus de 60 000 tests quotidiens, soit plus de 1,8 million au total, il n’y eut point de cluster ni d’hécatombe, puisque la population olympique ne comptait pas plus de trois cas positifs sur les dix derniers jours. Et même ceux placés à l’isolement n’ont pas semblé en avoir souffert, à l’image du Norvégien Johannes Boe, quadruple champion olympique en biathlon.

La quinzaine avait aussi commencé par des polémiques sur les droits de l’Homme ou l’absence de neige naturelle, fabriquée à coup de canons à neige.

Des Jeux sans scandale

Le débat sur les droits de l’Homme n’est venu ni des sportifs, ni des pays comme les États-Unis ayant décidé d’un boycott diplomatique, ni des organisations opposées à la tenue de ces JO en Chine, accusée d’atteinte aux droits humains dans la région du Xinjiang contre la minorité ouïghoure.

>> Pékin 2022 : des Jeux olympiques sous étroite surveillance numérique

Aux quelques questions posées sur ce sujet, la porte-parole du Comité d’organisation, Yan Jiarong, a parlé de « mensonges », avant de se faire rappeler à l’ordre par le CIO, qui ne veut pas mêler sport et politique, et les organisateurs ont sorti de leur chapeau la skieuse de fond ouïghoure Dinigeer Yilamujiang pour allumer la vasque olympique lors de la cérémonie d’ouverture le 4 février.

Le ciel a aussi éteint la polémique sur la neige puisque, après une semaine passée à regretter les paysages secs, arides et dépourvus de blanc des sites de montagne de Zhangjiakou et de Yanqing, la Sainte neige est finalement tombée au milieu des JO, blanchissant les arrière-plans.

Maintenant, place aux JO suivants avec un retour en Europe, après Rio, Pyeongchang, Tokyo et Pékin.

Dans quatre ans, la prochaine édition hivernale sera en Italie avec un duo inédit Milan/Cortina, qui récupèrera le drapeau olympique en fin de soirée des mains du président du CIO, Thomas Bach, juste avant la traditionnelle extinction de la flamme olympique.

Et dans deux ans, c’est à Paris qu’elle brillera ! Le prochain rendez-vous olympique en 2024 se déroulera dans la capitale française, où les organisateurs promettent des JO d’été festifs.

Le monde olympique en a bien besoin.

Avec AFP



Source

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

Average Rating

5 Star
0%
4 Star
0%
3 Star
0%
2 Star
0%
1 Star
0%

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *