Didier Deschamps face à une crise de milieu de terrain

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Du milieu de terrain, on dit qu’il est le cœur d’une équipe. Cet « entre-jeu » où se gagnent les batailles, à commencer par celle du contrôle du ballon. Mais ces derniers mois, l’électrocardiogramme de l’équipe de France inquiète. Le secteur a contribué à l’interminable liste des forfaits (douze) pour les deux derniers matchs de la Ligue des nations. Paul Pogba, N’Golo Kanté et Adrien Rabiot blessés, Didier Deschamps doit encore enfiler sa salopette de bricoleur pour fabriquer son milieu contre l’Autriche, jeudi 22 septembre, au Stade de France.

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Une habitude pour le sélectionneur ces derniers mois. Lors des douze dernières rencontres des Bleus, cet ancien du poste a utilisé sept joueurs différents (N’Golo Kanté, Paul Pogba, Aurélien Tchouaméni, Mattéo Guendouzi, Boubacar Kamara, Adrien Rabiot et Jordan Veretout). Et ce n’est pas fini. Le revenant Eduardo Camavinga et le bizuth Youssouf Fofana aspirent à débuter l’un des deux matchs de la semaine.

Pas facile de s’y retrouver à l’approche de la Coupe du monde (du 20 novembre au 18 décembre). Sur le papier et dans la tête de Didier Deschamps, le duo Pogba-Kanté paraît incontournable. Problème, les deux champions du monde s’évitent malgré eux. Quand l’un sort de l’infirmerie, l’autre y retourne. Leur dernière titularisation en commun remonte à un triste 28 juin 2021 à Bucarest et l’élimination en huitième de finale de l’Euro contre la Suisse.

Kanté inquiète aussi

Didier Deschamps n’est pas docteur, mais lucide. A force de voir ses deux tauliers accumuler les arrêts de travail, il avoue réfléchir à un Mondial sans eux. « On parle de deux cadres qui ont un très gros vécu. Il est important qu’ils soient là mais on n’est jamais à l’abri », admettait le patron des Bleus, le 8 août, dans Le Parisien.

Les deux cas sont différents. D’un côté, Paul Pogba livre un contre-la-montre depuis son opération du ménisque début septembre après avoir écarté cette intervention dans un premier temps pour augmenter ses chances de voir le Qatar. Aujourd’hui, elles paraissent faibles et Didier Deschamps – malgré la haute estime qu’il lui témoigne – se refuse à le mettre dans un Paris-Doha sur une jambe.

Et cela, même au nom de son importance dans le vestiaire. « Paul n’est pas un G.O., a-t-il prévenu le 15 septembre au moment de donner sa dernière liste. Il n’est pas là pour amuser la galerie. Les joueurs appelés en équipe de France sont aptes à être sur le terrain. Paul ne viendra pas s’il n’est pas apte. »

N’Golo Kanté vit aussi un début de saison pénible, les ennuis extra-sportifs en moins. Blessé à la cuisse droite depuis le 15 août, l’homme aux « quinze poumons » (dixit Pogba) enchaîne les pépins depuis deux ans avec Chelsea. L’ancien manager des Blues, Thomas Tuchel, avait fini par s’en irriter. « Les joueurs clés doivent être sur le terrain et lui ne joue que 40 % des matchs, constatait l’Allemand en mai. Ne l’avoir que 40 % du temps, c’est un énorme problème. » Le constat vaut aussi pour les Bleus avec dix matchs disputés sur vingt-deux possibles en 2021 et 2022.

Tchouaméni à peine arrivé, déjà indiscutable

Un (jeune) homme a profité de la situation pour déjà avoir son rond de serviette en équipe de France. Un an après sa première contre la Bosnie Herzégovine (1-1), Aurélien Tchouaméni donne l’impression de faire déjà partie des meubles avec ses douze sélections. Aussi à l’aise sur le terrain que devant les micros et les caméras, le joueur de 22 ans enchaîne les titularisations. Ses partenaires changent à ses côtés (Kanté, Gendouzi, Kamara, Rabiot), mais lui reste.

Mieux encore, son intégration au Real Madrid est une réussite malgré le poids d’un transfert estimé à 80 millions d’euros. Dans un club parfois impitoyable avec ses (chères) recrues, l’ancien Monégasque a mis tout le monde dans sa poche : supporteurs, médias et son entraîneur. « C’est un joueur intelligent, c’est tout », valide ainsi Carlo Ancelotti. Aujourd’hui, Aurélien Tchouaméni n’apparaît plus comme le premier remplaçant au duo Kanté-Pogba, mais comme un titulaire indiscutable et peu importe si Didier Deschamps reste sur un milieu axial à deux unités ou revient à trois.

Mais derrière lui, c’est bien plus flou. Les quatre autres milieux présents pour ces deux matchs cumulent 14 matchs en équipe de France. Chacun a ses qualités et ses défenseurs. Parti très fort et pas encore majeur en 2020, Eduardo Camavinga a enfin digéré ses débuts fracassants avec les Bleus et a gagné du crédit et des minutes de jeu au Real. Ce qui n’est jamais anodin. Certains apprécient aussi l’activité et la personnalité affirmée du Marseillais Guendouzi, quand Rabiot garde une belle cote d’amour auprès du sélectionneur, malgré des prestations parfois très neutres.

Dans ce contexte très ouvert à la concurrence, même le Monégasque Youssouf Fofana peut espérer être du voyage pour Doha sur la promesse d’un bon bout de match contre l’Autriche ou le Danemark, surtout dans une liste élargie à 26 joueurs. Aux présents donc de profiter de cette fenêtre de tir. Les absents, eux, occupent déjà pas mal les pensées d’un Didier Deschamps qui se demande qui sera en état de faire la loi dans son milieu en novembre.

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