douze jours de bras de fer avec l’Australie et un immense gâchis

0 0


Les Australiens appellent cela « les pouvoirs de Dieu ». Ce sont les pouvoirs discrétionnaires de leur ministre de l’immigration, supérieurs à ceux de tout autre membre du gouvernement. Vendredi 14 janvier, Alex Hawke les a utilisés pour révoquer, pour la seconde fois, le visa de Novak Djokovic. Malgré sa légendaire ténacité, le numéro un mondial du tennis n’a pas fait le poids. Il a perdu, dimanche, son audience en référé devant la Cour fédérale. Le joueur non-vacciné a quitté le pays dans la foulée. L’Open d’Australie s’ouvrira, lundi, sans son tenant du titre et sur le sentiment d’un immense gâchis.

« Compte tenu de l’intérêt et de la couverture médiatique, y compris dans le pays d’origine de M. Djokovic, la Serbie, le tribunal considère qu’il est approprié de clarifier un certain nombre de questions concernant le processus qui a eu lieu, a précisé, dimanche soir, le juge en chef de la Cour fédérale d’Australie, James Allsop. Le tribunal n’a pas pour fonction de se prononcer sur le fond ou la sagesse de la décision [de M. Hawke]. »

Devenir une « icône »

Le ministre de l’immigration, agissant au nom de l’intérêt général, avait motivé sa décision par le fait que la présence de Novak Djokovic sur le territoire australien « pourrait encourager le sentiment anti-vaccination », devenir une « icône » des antivax et « déclencher une recrudescence des troubles civils ». Pendant l’audience, les avocats du Serbe, qualifiant cette initiative d’« illogique », « irrationnelle » et « déraisonnable », avaient semblé marquer des points, notamment quand ils ont fait valoir qu’au contraire, c’était l’expulsion de « Djoko » qui risquait de provoquer des manifestations et de renforcer le sentiment antivax.

« Je ne comprends vraiment pas pour quelle raison vous ne m’autorisez pas à entrer dans le pays », Novak Djokovic

Qu’est-ce qui a finalement fait pencher la balance en faveur du gouvernement ? Les trois juges chargés du dossier n’ont pas encore expliqué pourquoi ils avaient rejeté son appel. Quelles que soient leurs raisons, les organisations de défense des droits civiques ont immédiatement dénoncé un dangereux précédent comme la toute-puissance d’un ministre qui dispose d’une rare marge de manœuvre dans un système démocratique. Ainsi, il n’avait pas à démontrer comment la présence dans le pays de Novak Djokovic était susceptible de provoquer des troubles mais simplement qu’elle « pourrait » le faire, a expliqué l’avocat du tennisman. Dans la même ligne, la « perception des opinions » du joueur a été considérée comme aussi importante que ses opinions.

Il vous reste 67.92% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

Average Rating

5 Star
0%
4 Star
0%
3 Star
0%
2 Star
0%
1 Star
0%

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *