Florence Hardouin, la franc-tireuse de la FFF

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Par Rémi Dupré et Alexandre Pedro

Publié aujourd’hui à 00h36

Sans escale, un vol Paris-Doha s’effectue en sept heures. Mais, en ressenti, le voyage de la délégation française qui s’envole au Qatar pour le tirage au sort de la Coupe du monde de football 2022, vendredi 1er avril, risque d’être beaucoup plus long. Plus glacial aussi, tant les relations sont tendues entre la directrice générale de la Fédération française de football (FFF), Florence Hardouin, 55 ans, et plusieurs membres de l’encadrement de l’équipe de France, sous le regard impassible de leur patron. « Un président de fédération est-il obligé de porter un jugement sur sa directrice générale ? Ma réponse est non, balaye Noël Le Graët, 80 ans. Je ne ferai aucun commentaire sur ma principale collaboratrice, en bien ou en mal. »

Il y a peu de temps encore, Florence Hardouin, en poste à la FFF depuis 2013, était encore la « super-intendante » des Bleus, celle qui se pliait en quatre pour le sélectionneur, Didier Deschamps, et déjeunait à ses côtés. Un poste exposé, mais aussi jalousé.

« Vous savez, je me mettais dans mon petit coin et je ne discutais pas trop avec les joueurs », minimise l’intéressée évoquant un simple « rôle de trait d’union administratif » entre « le sportif » et le président de la FFF.

Mais, en juin 2021, lors de l’Euro, une série de décisions contestées va précipiter la mise à l’écart de la dirigeante. Au lendemain de l’élimination de l’équipe de France en huitièmes de finale, face à la Suisse, elle est tenue responsable d’un changement d’hôtel malencontreux à la veille du match. Au grand dam du staff des Bleus, déjà échaudé par le remplacement de l’intendant habituel, récemment opéré, par un chauffeur de camion transportant le matériel des Bleus. Pour ne rien arranger, Mme Hardouin réclame alors la tête d’un autre numéro deux, Guy Stephan, l’adjoint et ami de Didier Deschamps.

Amertume et rancœur

Aussi, dans la foulée de la défaite des Bleus, le trait d’union va s’effacer après un aller-retour de la directrice générale au domicile de son président, à Guingamp (Côtes-d’Armor) : « une mise à l’écart sur décision présidentielle », certifie un proche de la direction de la FFF. Au Monde, Mme Hardouin donne sa propre version. « C’est ma décision de prendre du recul, et elle a été validée par le président. C’est un besoin et un ressenti, j’ai trop souffert. » Loin des Bleus, elle se définit désormais comme « une opérationnelle », désireuse de se recentrer sur sa « superboîte » avec son budget de 250 millions d’euros et ses 300 salariés.

Malgré ses dénégations, Florence Hardouin a gardé de l’épisode estival amertume et rancœur, au point d’attaquer en privé un Didier Deschamps qu’elle juge dépassé dans la gestion de son groupe. La belle unité de la campagne victorieuse lors du Mondial de Russie en 2018 paraît bien loin. Le sélectionneur a pris ses distances avec la DG. Il ne se mouille plus pour la soutenir publiquement, pas plus que les membres de son staff ou les joueurs de l’équipe de France.

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