Léolia Jeanjean ou le comeback d’une ex-prodige du tennis

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Depuis ses 12 ans, Léolia Jeanjean était promise à un avenir doré dans le tennis. Mais une blessure l’a contrainte, adolescente, à tout arrêter. Aujourd’hui, plus de dix ans après avoir quitté le haut niveau, la Française de 26 ans est en lice pour le 3e tour de Roland-Garros alors qu’il s’agit du premier tournoi du Grand Chelem de sa carrière. 

L’histoire de Léolia Jeanjean, qui s’apprête à disputer le 3e tour de Roland-Garros samedi 28 mai face à Irina-Camélia Bégu, ressemble à un conte de fées à l’américaine :  l’incroyable come-back d’une ancienne prodige du tennis qui a tout perdu.

« Je n’aurai jamais pu imaginer ça » : après sa victoire au 2e tour face à la Tchèque Karolina Pliskova, 8e mondiale (6-2, 6-2), la Française de 26 ans a eu du mal à réaliser. « Je pensais être éliminée au premier tour en deux sets, et voilà que je viens de battre une des dix meilleures joueuses mondiales, c’est juste totalement fou ! ». 

Revenue sur le circuit professionnel fin 2020, Léolia Jeanjean, 227e mondiale, est la première joueuse la moins bien classée à battre une membre du top 10 féminin à Roland-Garros depuis  1988. Une performance qui montre à quel point Léolia Jeanjean revient de loin. 

Prodige du tennis  

Alors qu’elle commence à taper dans la balle jaune à l’âge de six ans, Léolia Jeanjean est très vite cataloguée comme une prodige du tennis. À l’âge de douze ans, le Centre national d’entraînement de Roland-Garros (CNE) lui attribue un coach à temps plein – une première – tandis que la jeune fille signe déjà avec Nike un contrat à sept chiffres. Elle passe un an au CNE et tape même régulièrement la balle avec Gilles Simon : « J’étais sa mascotte », raconte Léolia Jeanjean dans l’Équipe. En 2009, à l’âge de 14 ans, elle dispute déjà son deuxième tournoi juniors de Roland-Garros, et la question se pose de la faire sauter dans le grand bain. 


Mais à 14 ans, son genou lâche. Triple luxation de la rotule, un an de rééducation, puis une rechute.  La belle histoire s’arrête brutalement. Les sponsors, la Fédération française de tennis, tout ceux qui la portaient aux nues, sont soudain aux abonnés absents. 

Ses parents lui conseillent de se concentrer sur les études, affirmant qu’il sera toujours temps de revenir au tennis plus tard. Elle décroche le bac par correspondance. Puis elle s’exile aux États-Unis, où elle décroche une « licence de sociologie, une licence de justice criminelle et un master en finances investissement de patrimoine. Beaucoup de choses qui n’ont rien à voir entre elles, mais c’est comme ma vie : ça part un peu dans tous les sens », s’amuse-t-elle aujourd’hui.  

Sans toutefois oublier les moments plus sombres. « Ça a été vraiment dur, j’ai eu des périodes vraiment pas évidentes où je pensais que je ne rejouerai jamais plus au tennis », se rappelle Léolia Jeanjean. « Il m’a quand même fallu du temps pour passer au-dessus de tout ça et de me servir de ça comme une force pour revenir ». 

Cette année-là, elle repart donc de zéro ou presque, sans individu pour l’aider. « Je vivais du RSA (Revenu de solidarité active) et de l’APL (Aide personnalisée au logement). (…)  Je mettais tout l’argent que j’avais dans un tournoi d’une semaine et si ça se passait bien, ça me payait une semaine de plus, si ça se passait mal, je ne jouais pas pendant deux mois parce que c’était impossible financièrement », se rappelait Léolia Jeanjean récemment. 

Mais sur le circuit ITF (deuxième division du tennis), les sensations reviennent, les résultats aussi. Alors qu’elle est 1 180e mondiale à la WTA, elle se donne deux ans pour atteindre le top 240 et ainsi décrocher les lucratives invitations pour les qualifications aux tournois du Grand Chelem. Quelques bonnes performances plus tard et un début de saison en forme de boulet de canon (27 victoires pour neuf défaites), elle passe 227e  mondiale. Et Roland-Garros lui fait bénéficier d’une wild card pour le tournoi 2022.   


À l’issue de ce Roland-Garros, elle est assurée d’intégrer au moins le Top 150. Et grâce à sa présence au troisième tour de Roland-Garros, elle est également assurée de toucher au moins 125 800 euros. De quoi financer plusieurs mois de tennis et d’envisager plus sereinement la suite de sa seconde carrière. 

Cependant, Léolia Jeanjean préfère ne pas penser à la suite  : « Je vis le moment, je ne suis pas dans l’euphorie, je savoure. (…) Enfin, je suis là où j’ai toujours eu envie d’être depuis toute petite ». 

Avec AFP 





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