les collectivités locales face à l’urgence de la rénovation thermique des infrastructures sportives

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« On chauffe l’extérieur ! » A l’image de Laurent Desmons, maire de Waziers, commune du Nord de 7 500 habitants, qui évoque sa piscine municipale, nombreux sont les élus locaux à déplorer que leurs équipements sportifs soient des passoires énergétiques.

Le constat est rude alors qu’à la faveur des Jeux olympiques et paralympiques, les pouvoirs publics ont fait du sport une « grande cause nationale » et assurent que l’événement laissera un « héritage » en matière de pratique sportive.

Mais « quel sera l’héritage de Paris 2024 si tous les Français n’ont toujours pas accès à des installations sportives dignes de ce nom ? », a lancé le sénateur (Les Républicains) Michel Savin à la ministre des sports et des Jeux olympiques et paralympiques, Amélie Oudéa-Castéra, lors du vote du budget 2023, fin novembre. Un chiffre résume l’ampleur du chantier : 80 000 équipements, sur 300 000, nécessitent une rénovation thermique, selon l’Agence nationale du sport (ANS).

Lire aussi : JO 2024 : les élus locaux redoutent une « gueule de bois » postolympique pour le sport

L’envol des prix de l’énergie rend la situation encore plus critique, mettant les collectivités locales – qui possèdent 85 % des gymnases, patinoires, piscines – face à un dilemme. Maintenir ces équipements ouverts ? C’est, même en y abaissant la température, faire face à une lourde facture énergétique. Les fermer ? C’est réduire une pratique sportive déjà émoussée.

« On doit revoir notre copie »

La ville de Compiègne (Oise) a choisi de fermer sa patinoire deux mois et demi de plus que d’habitude (de mai à octobre). En attendant d’engager une rénovation de l’équipement, mis en service en 1989. « On doit revoir notre copie, s’attaquer à l’isolation de la toiture et aux baies vitrées, une hérésie », explique Christian Tellier, l’adjoint aux sports.

A Nîmes, la rénovation est programmée pour l’une des piscines de la ville : la mairie a décidé en novembre – à la grande surprise de la population – de fermer, à partir du 1er janvier 2023 et pour quinze mois, les deux bassins Fenouillet, datant des années 1980. Des travaux seront réalisés pour traiter un problème d’étanchéité et réduire la déperdition énergétique. Le bâtiment « est un véritable courant d’air », selon l’adjointe à l’environnement, Pascale Venturini, l’élu chargé des sports, Nicolas Rainville, ajoutant que « le toit ouvrant doit être complètement rénové ». La fermeture conduira à « économiser 200 000 euros en 2023 et 670 000 en 2024 », ajoute-t-il.

Comme Compiègne, Limoges (Haute-Vienne) a anticipé la fermeture habituelle de sa patinoire olympique, fréquentée par quelque 21 000 personnes par an : ce sera le 16 avril 2023, avec deux mois d’avance, et jusqu’en septembre, a annoncé la mairie, le 8 décembre. Economie : 70 000 à 80 000 euros par mois.

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