les Pays-Bas peuvent viser très haut après leur victoire face aux Etats-Unis

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Les Etats-Unis et leurs « Boys » sont de retour à la maison. Malgré les promesses et le potentiel entrevus sur les pelouses du Qatar pendant ce Mondial, on ne nous enlèvera pas de l’idée qu’un pays qui continue à parler de « soccer » a encore deux ou trois choses à apprendre avant de rivaliser avec les vieilles puissances du football.

Les Pays-Bas en sont une. Samedi 3 décembre à Al-Rayyan, la Nouvelle-Amsterdam a donné la leçon à New York (3-1) lors du premier huitième de finale de cette Coupe du monde. Un cours de réalisme surtout et un message pour la concurrence : Louis van Gaal et ses joueurs vont à l’essentiel, sans trop s’encombrer de savoir s’ils sont les plus beaux.

Si chez les plus de 50 ans, la simple vue d’un maillot orange suscite toujours les fantasmes des années Cruyff, en 2022 le footballeur néerlandais ne porte plus les cheveux longs ni l’idée d’un football total. S’il a toujours cette note technique, il donne surtout dans l’efficacité. Et ce n’est qu’un début. « Nous voulons toujours nous améliorer et, depuis le début du tournoi, c’est de mieux en mieux à chaque match, prévient le patron de la défense néerlandaise, Virgil van Dijk. Nous avons marqué des buts fantastiques. »

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« Prendre soin » de Depay

Le premier quart d’heure a bien résumé les qualités de cette équipe. A partir d’un ballon américain égaré, les Oranje portent le fer avec des passes rapides, des circuits préférentiels qu’on devine travaillés et la conclusion parfaite de Memphis Depay (10e). « On doit prendre soin de lui, il est incroyablement important », prévenait Van Gaal avant la rencontre au sujet de son attaquant, blessé fin septembre à une cuisse et à peine remis.

Depuis le début du tournoi, l’ancien Lyonnais avait laissé la lumière et les buts (trois) à Cody Gakpo. Samedi, le prodige du PSV Eindhoven – dont le prochain club intéresse plus certains journalistes en zone mixte qu’un match de Coupe du monde – n’a pas marqué. L’homme du match s’appelle Denzel Dumfries.

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Malgré son prénom, le garçon ne fait pas de cinéma, mais donne des passes décisives : une pour Depay, donc, et une autre pour Daley Blind avant la mi-temps. Mais le piston droit sait aussi terminer le travail. Cinq minutes après le but de l’espoir étasunien sur une Madjer (but marqué en effectuant une talonnade) ratée devenue un lob imparable d’Haji Wright, Dumfries marque du pied gauche et tue ce début de révolution américaine. Détaché et souriant, le joueur de l’Inter Milan a évoqué la querelle tactique à propos de cette défense à trois (ou cinq) quand l’adversaire attaque.

Dans un pays où le 4-3-3 pourrait être inscrit dans la Constitution, ce choix interpelle malgré des résultats exceptionnels depuis le retour de Luis van Gaal en août 2021. « Il y a beaucoup de critiques aux Pays-Bas par rapport à notre système parce que la plupart des équipes défendent à quatre. Mais sur les buts qu’on a marqués aujourd’hui, j’ai fait une passe décisive à Daley [Blind], un autre latéral, et il m’en fait une à moi. Donc aujourd’hui, on a démontré les qualités du système et on espère que ça continuer. »

Place à l’obstacle argentin ?

A 71 ans, le sélectionneur néerlandais ne va pas commencer à renier ses idées. Qu’attendre d’autre de la part d’un homme capable de déclarer « Louis van Gaal n’a plus rien à apprendre », un soir de non-qualification pour le Mondial 2022 ? « Toujours la même histoire, donc j’y suis habitué et je pense que mes joueurs aussi y sont habitués, soufflait-il la veille en conférence de presse au sujet des critiques. On va continuer tranquillement sur le chemin sur lequel on est embarqué. »

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A moins d’un exploit australien dans la soirée, ce chemin mène à Lionel Messi et ses coéquipiers en quarts de finale. Le maillot argentin évoque des sentiments contrastés pour les Néerlandais. Il y a bien ce but de légende inscrit par Dennis Bergkamp à Marseille en 1998 pour envoyer les siens en demi-finales, mais les Pays-Bas ont aussi perdu une de leurs trois finales mondiales contre l’Albiceleste en 1978 à Buenos Aires.

Luis van Gaal, lui, n’a pas oublié l’élimination en demi-finales huit ans plus tôt face à une Argentine prenable. Mais l’homme n’a pas renié la promesse faite à sa femme de profiter de sa retraite sous le soleil portugais ni lutté contre un cancer de la prostate pour s’arrêter en si bon chemin. « Cela fait un an que je le dis : nous pouvons être champions du monde. Je ne dis pas que nous le serons, mais nous le pouvons », a-t-il avancé ce samedi. Au Qatar, son équipe lui ressemble pour l’instant : sûre d’elle, imperméable aux critiques et prête à enfin entrer dans le club fermé des champions du monde.

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