Les traumatismes liés à la guerre ont des effets durables sur la santé des enfants

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Plus d’un million de réfugiés auraient fui l’Ukraine depuis le début des combats, jeudi 24 février 2022, selon un rapport de l’ONU paru le 3 mars (source 1). Une semaine, donc, que les enfants paient un lourd tribut : vivant au rythme des sirènes, des bombardements, de coups de feu et forcés de quitter le pays. 

Plus encore que les adultes, ils risquent d’être marqués durablement par la violence de la guerre et l’exil forcé, prévient Arash Javanbakht, professeur associé de psychiatrie à la Wayne State University (États-Unis), dans un article publié le 2 mars sur le site The Conversation (source 2).

Un fort sentiment de culpabilité

Ces traumatismes psychologiques interviennent alors que le cerveau des enfants est en pleine construction et que ces derniers n’ont pas encore atteint la maturité nécessaire pour comprendre les événements qu’ils traversent.

Pour comprendre la réaction de l’enfant, il faut garder à l’esprit son niveau de développement et de maturité émotionnelle et cognitive. La plupart du temps, c’est la confusion qui prévaut, rappelle le Pr Javanbakht. 

Et de poursuivre : « À ce stade de son développement, son cerveau peut penser : ‘si on me fait cela, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez moi, et que je le mérite’. » Selon lui, le risque pour l’enfant traumatisé de « se percevoir comme indigne d’être aimé, comme coupable ou mauvais » augmente donc considérablement. 

C’est le cas en temps de guerre, mais aussi lorsque l’enfant est victime ou témoin de violences sexuelles ou physiques. « En cas de violences sexuelles, il arrive que les parents, lorsqu’ils en sont informés, choisissent de nier ou d’ignorer ce qui s’est passé. Cela aggrave les sentiments de culpabilité et d’impuissance. »

« Les enfants en déduisent que le monde est un endroit brutal et sans sécurité, ou l’on est soit violent, soit maltraité », ajoute le Pr Javanbakht. Un sentiment qui risque de modifier à jamais la perception qu’ils ont du monde, et donc de déterminer la façon dont ils se comporteront à l’avenir.

De nombreux risques à long terme

Anxiété chronique, dépression, toxicomanie, développement de maladies chroniques… Non seulement les traumatismes modifient irrémédiablement la vision du monde des enfants, mais ils les exposent aussi à de nombreux risques sur le long terme : 

Les adultes qui ont subi un traumatisme pendant l’enfance ont plus de risques de développer un trouble de stress post-traumatique lorsqu’ils sont exposés à un nouveau traumatisme et présentent des taux plus élevés d’anxiété, de dépression, de toxicomanie et de suicide, détaille le Pr Javanbakht. 

« Les conséquences des traumatismes de l’enfance sur la santé physique des adultes comprennent, entre autres, l’obésité, la fatigue chronique, les maladies cardiovasculaires, les maladies auto-immunes, le syndrome métabolique et la douleur », poursuit-il. 

Il ne faut toutefois pas négliger les capacités de résilience des enfants : « Je rencontre souvent des personnes qui ont su transformer leur traumatisme en un engagement qui a du sens, et prennent leur envol, gagnent en assurance grâce à un bon mentor, un thérapeute, un grand-parent ou des expériences positives », témoigne le professeur. 

Pas question d’oublier, mais de dépasser la peur et la souffrance. Plusieurs moyens d’action peuvent être utilisés selon lui : retirer l’enfant de l’environnement traumatique et mettre en place des psychothérapies ou un traitement médicamenteux.



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