« Magie du football, qui peut transformer Mohammed Ben Salman en prince charmant »

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Les supporteurs de Newcastle United (NUFC) ont fêté l’événement comme un titre, devant leur antre de St James Park, mais ils ne fêtaient que l’espoir retrouvé d’en remporter un pour la première fois depuis une Coupe d’Angleterre en 1955.

En autorisant le fonds saoudien Public Investment Fund à racheter 80 % des parts du NUFC, après un refus en avril 2020 et de longs mois de négociations, la Premier League anglaise a accordé au club le privilège de passer sous pavillon d’un Etat du Golfe, après Manchester City (Abu Dhabi, 2008) et le Paris-Saint-Germain (Qatar, 2012).

La joie des supporteurs des Magpies résulte pour une bonne part du soulagement de voir partir le précédent propriétaire, Mike Ashley, riche mais pingre, dont le règne (2007-2021) aura été marqué par une grande médiocrité sportive. Les Saoudiens seront assurément prodigues, les médias anglais évoquant une enveloppe de 220 millions d’euros dès le prochain mercato d’hiver.

Le football, blanchisseur de réputations

Ainsi se fondent aujourd’hui les espoirs des supporteurs des clubs de second rang : sans l’arrivée d’un sauveur providentiel en mesure de dépenser massivement, ils savent que leur équipe est condamnée à végéter loin du gratin européen, sans aucune chance d’y accéder.

Ceux de Newcastle croient ainsi « récupérer leur club ». Pourtant, les réactions au projet de Super Ligue privée, en avril, avaient vivement condamné le mépris des propriétaires des clubs de Premier League pour les publics locaux, lesquels avaient exprimé leur sentiment de dépossession.

La « Toon Army », surnom d’un des publics les plus populaires et les plus fervents d’Angleterre, semble n’avoir ni crainte de ce genre ni embarras envers l’instrumentalisation du club au profit des politiques de sportwashing du régime saoudien.

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Amnesty International UK a exhorté la Premier League à intégrer le respect des droits humains dans ses critères d’agrément des nouveaux investisseurs. Les dix-neuf autres clubs du championnat ont, selon The Guardian, désavoué la décision et exigé une réunion en urgence, craignant des dommages pour la « marque » Premier League.

A ses marges, le football permet de blanchir de l’argent. A son sommet, il permet à l’argent de blanchir la réputation d’Etats entiers – « de laver par le sport, avec le glamour du football d’élite, leurs catastrophiques violations des droits de l’homme », écrit Amnesty.

Comment lutter contre cette magie du football, qui peut transformer Mohammed Ben Salman, notamment accusé d’avoir commandité l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, en prince charmant ? Le correspondant du Monde a rapporté qu’un fan a fêté la nouvelle en portant une djellaba et un masque du prince héritier…

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