Pierre-Ambroise Bosse n’était pas seul en finale

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Ce qui aurait pu se passer ce 5 août

Pierre-Ambroise Bosse avait prévenu avant son départ pour Tokyo : « Je vous prépare une petite surprise pour les Jeux, vous allez voir. » Champion du monde du 800 m en 2017, le Français est capable de tout, comme de donner rendez-vous devant la gare du Nord à ses fans pour « boire une bière » après son titre mondial, d’imaginer une application de rencontres ou encore de s’adresser à son chat, Rab’s, au micro de Nelson Monfort.

Qualifié avec le dernier temps des finalistes sur ce 800 m, « PAB » affiche pourtant un petit sourire en coin au moment de pénétrer sur le stade olympique. Alors que ses adversaires sont déjà en tenue, Bosse a encore son sac de sport sur le dos. Les coureurs sont présentés un par un. Quand vient le tour du Français, ce dernier attrape son sac pour en sortir… un chat gris. « Mais c’est Rab’s ! », s’exclame Stéphane Diagana, le consultant de France 2, visiblement proche de l’animal.

Bosse, lui, prend la pose avec le félin, mais le laisse s’échapper au moment de le ranger dans son sac et de le confier à un complice. Avant son maître, Rab’s galope sur la piste olympique et le Polonais Adam Kszczot et l’Américain Donavan Brazier doivent s’y mettre à deux pour rattraper le fuyard. Le départ est décalé de cinq minutes, le temps de laisser les participants de la course-poursuite récupérer de leurs efforts.

Moins de 1 minute et 43 secondes plus tard, Brazier devient champion olympique devant Kszczot et… Bosse. Tout à sa joie, l’athlète de 28 ans ne sait pas encore que les services sanitaires japonais ont ouvert une enquête à son sujet pour avoir introduit son chat au mépris des règles de quarantaine. « C’était l’année ou jamais pour le faire, se défend Bosse. Dans quatre ans, à Paris, on sera trop vieux avec Rab’s pour ces conneries. »

Le Covid nous a aussi privés…

… du record du monde des Danois lors de la finale de la poursuite par équipes en cyclisme sur piste. La France termine au pied du podium.

… d’une médaille lancée au milieu du public. S’estimant floué par l’arbitrage en finale des moins de 67 kg en lutte gréco-romaine, le Cubain Ismael Borrero se débarrasse ainsi de sa breloque en argent. Le spectateur japonais qui était au bon endroit au bon moment la déposera le lendemain à l’entrée du village olympique, avec un petit mot pour le lutteur.

… d’une victoire française en équitation. Trente-deux ans après Pierre Durand et Jappeloup, Simon Delestre et sa monture Berlux Z remportent l’or olympique dans le concours de saut d’obstacles. Guillaume Canet se dit intéressé pour en faire un film.

Elle aurait dû y être

Camille Lecointre, 35 ans, voile 470 :

« Le 5 août, je naviguerai avec ma coéquipière Aloïse Retornaz à côté de Brest pour le Championnat de France qui a été reprogrammé à ces dates [l’entretien a été réalisé le 3 juillet]. A défaut des JO, on se fera une petite régate locale. Je n’avais pas pris la décision d’arrêter après Tokyo. C’était ouvert dans ma tête sur le fait de continuer ou pas, le décalage d’un an n’a rien changé à ce niveau-là. J’ai un fils de 3 ans et on devait le mettre à l’école sur cette année post-olympique. Là, ça risque d’être compliqué. Mon mari entraîne l’équipe espagnole et se déplace avec moi, on ne se voit pas laisser notre garçon la moitié de l’année sans nous. Il va continuer à voyager avec ses parents.

D’ailleurs, il est déjà allé deux fois au Japon. C’est plutôt un bon souvenir. En 2019, on a remporté le Test Event. En voile, c’est très important de repérer le plan d’eau et de s’habituer aux conditions. Avec Aloïse, on est plutôt polyvalentes, et c’est un avantage au Japon, où la météo est très changeante. Au moment des Jeux, on commencera la période des typhons et on pourrait avoir, certains jours, une mer démontée.

Chez les femmes, il existe deux supports en double aux Jeux : le 49er FX et le 470. Le 49er est un bateau plus puissant, plus rapide, qui demande des gabarits plus grands, plus lourds. Le 470 est plutôt adapté à des gabarits plus petits. A bord, nos rôles sont bien définis. Je suis la barreuse, je m’occupe des réglages de la grand-voile, qui gère la tactique quand le vent vient de côté ou de derrière. Ma coéquipière s’occupe surtout de l’équilibre du bateau, elle est aux trapèzes et gère la stratégie quand le vent est de face. Cela demande des compétences différentes.

En 2016, j’ai terminé troisième avec Hélène Defrance, ma coéquipière de l’époque. A Tokyo, l’objectif va être de rapporter la médaille d’or. Chez elles, les Japonaises seront très fortes, comme les Anglaises, championnes olympiques en titre.

Le classement est déterminé par le cumul des places sur les dix régates. Si on termine premières, par exemple, on a un point, si on fait 20e, on marque 20 points. Le but est donc d’avoir le moins de points à la fin. Sur ces dix courses, le plus mauvais résultat est enlevé, ce qui nous donne un joker. On est un sport d’extérieur, assez aléatoire, où il est possible de se trouer sur une manche. Sur la dixième régate, qu’on appelle aussi la “course à la médaille”, les points sont doublés. Le podium peut encore se défaire jusqu’au dernier moment. »

Il n’y a qu’aux JO qu’on voit ça

Quand le Pérou claque la porte des Jeux de Berlin

Deux ans avant l’Anschluss, Adolf Hilter vient en aide à son pays natal. La scène se déroule lors des Jeux de Berlin de 1936. Assistant au quart de finale entre l’Autriche et le Pérou lors du tournoi de football, le Führer fait interrompre le match alors que le Pérou mène 4-2 en prolongation et force à ce qu’il soit rejoué. L’histoire mériterait presque un film.

Voilà pour la légende. Pour la vérité historique, Hitler n’a jamais compté parmi les 5 000 spectateurs, ce 8 août 1936. En revanche, le Pérou a bien battu le favori du tournoi (4-2) après prolongation, et sa victoire a été annulée. Mauvais perdants, les Autrichiens ont posé réclamation, estimant que des supporteurs andins avaient envahi le terrain avant la fin de la rencontre. L’un était même muni d’un pistolet.

Le comité olympique accède à cette requête. Mais il n’y aura jamais de second match. Le président du Comité national olympique péruvien demande à toute sa délégation de rentrer à Lima sur le champ. L’ordre vient de haut, du président du pays : Oscar Benavides. En signe de solidarité, la Colombie imite son voisin.

Des décennies plus tard, les Péruviens crient encore au scandale. Selon certaines sources, les fameux envahisseurs n’étaient pas d’authentiques supporteurs mais des hommes envoyés par Joseph Goebbels pour provoquer cet incident. Le ministre de la propagande cherchait-il à éviter une défaite humiliante au voisin autrichien ou encore à satisfaire son chancelier ? Personne ne le sait. En finale, l’Autriche s’inclinera 2-1 contre l’Italie de Mussolini. Mais cette fois, aucun dignitaire nazi n’aura l’idée de faire rejouer la rencontre.

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