Précarité menstruelle : une Française sur trois concernée au cours de sa vie

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Alors que l’Écosse a instauré en novembre dernier la gratuité des protections hygiéniques pour toutes les femmes du pays, beaucoup espéraient que la France ne tarde pas à suivre cet exemple. Un sondage mené par l’institut Ifop pour Eve and Co et 20 Minutes démontre l’importance qu’aurait cette loi pour les Françaises car ses résultats mesurent l’ampleur de la précarité menstruelle. « Le sujet des règles et de leurs conséquences récurrentes sur la vie de millions de Françaises reste encore, même si la parole se libère peu à peu et si quelques avancées sont à noter de la part des pouvoirs publics, un domaine tabou dans notre pays comme dans bien d’autres », note Eve and Co.

37% des 20-29 ans a déjà dû renoncer à une protection périodique

Les résultats montrent que la précarité menstruelle est un phénomène loin d’être marginal puisqu’une femme sur trois a déclaré avoir déjà dûrenoncer à une protection périodique par manque de moyens financiers, notamment les plus jeunes (29% des 15-19 ans, 37% des 20-29 ans) et les plus modestes (48% des femmes percevant moins de 900€ par mois).

Ce phénomène n’est pas une expérience circonscrite à un seul moment de la vie car plus d’une femme sur dix (12%) est encore confrontée aujourd’hui à cette situation particulièrement difficile à vivre. Ainsi, 4% d’entre elles ont déjà été obligées de fabriquer leurs propres protections et 7% d’arbitrer entre cet achat et un autre de première nécessité.

Neuf femmes sur dix pour la gratuité des protections hygiéniques

« Ce chiffre de 12% est à rapprocher d’un autre : en 2021, la France compte 14,4 millions de femmes âgées de 15 à 49 ans, ce qui signifie que le nombre de femmes potentiellement touchées par ce phénomène avoisine 1,7 million… », précise Eve and Co.

En France, de plus en plus de régions normalisent la distribution gratuite des protections hygiéniques dans les lycées : fin février, la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé la mise en place de distributeurs de serviettes et tampons gratuits dans les universités françaises d’ici à la rentrée 2021. Une mesure très plébiscitée puisque 92% des sondées adhèrent à son élargissement à tous les lieux publics et 90% à toutes les entreprises.

Comme l’explique l’Ifop, « la force de cette mesure réside notamment dans la forte proportion de femmes déclarant pouvoir y avoir recours (73%). Un taux qui s’élève à 90% chez les moins de 25 ans, particulièrement touchées par la précarité menstruelle. » Les Françaises vont même plus loin car 81% souscrivent à l’idée d’un remboursement par la Sécurité Sociale de toutes les protections hygiéniques.

Dans un autre registre, la mise en place d’un congé menstruel à l’instar de plusieurs pays d’Asie (Japon, Taiwan, Corée du Sud…) et de la Zambie remporte aussi un soutien fort des femmes interrogées (68%), dans un contexte de libération de la parole autour des douleurs et gênes subies.

Confort et « santé intime » : les fondements du choix des femmes

Pour autant, le coût n’en reste pas moins un critère secondaire (34%) dans le choix de protections par rapport à d’autres critères tels que le souci de confort (82%), le côté pratique/facile à utiliser (79%) et le côté sain/sans danger pour la flore vaginale (66%). « Cette hiérarchie illustre la prise de conscience des femmes quant à l’enjeu sanitaire que revêt de choix de leurs protections hygiéniques. Cela s’inscrit dans une dynamique plus globale observée depuis quelques années de quête vers plus de bien-être et un respect de son corps », affirme l’Ifop. Ainsi, l’évolution des choix de protections hygiéniques montre un désaveu croissant des tampons, symptomatique de craintes pour la santé intime.

Le sondage indique que 19% des femmes réglées en utilisent aujourd’hui contre 33% en 2003, soit une baisse de 14 points en 18 ans. Les plus jeunes semblent plus se tourner vers des protections externes comme les serviettes hygiéniques ou des modes de protections alternatifs, connus pour leur composition saine et leur aspect écologique (culotte menstruelle…).

« Malheureusement peu de gens ont connaissance de ce phénomène de précarité menstruelle qui peut concerner des femmes de notre entourage sans que l’on soit au courant. J’espère qu’au travers de ce type d’enquête, on prendra mieux conscience et mieux en compte de la détresse que vivent encore ces femmes en 2021 dans notre pays. », conclut Marie-Justine Hosin, fondatrice de Eve & Co.



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