Siri, Alexa, Google Home… Ces assistants vocaux pourraient être néfastes pour les enfants

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Google Home, Alexa, Siri… Les assistants vocaux font désormais partie de notre quotidien. En France, notamment, plus d’un Français sur deux en utilise un quotidiennement. Un phénomène qui interroge de nombreux chercheurs sur les répercussions au long cours en termes de mémorisation et d’autonomie, notamment pour les enfants. 

Deux chercheuses de l’université de Cambridge viennent d’ailleurs de publier une étude à ce sujet dans la revue Archives of Disease in Childhood (source 1). Elles révèlent notamment que les assistants vocaux pourraient ralentir le développement social et émotionnel des enfants.

Les assistants vocaux peuvent servir d’amis et contribuer à améliorer les compétences des enfants en matière de lecture et de communication. Cependant, ils suscitent des inquiétudes quant aux effets à long terme sur le cerveau des enfants à un stade crucial de leur développement. 

Des réponses inappropriées ou dangereuses

Leurs travaux pointent notamment les réponses inappropriées, voire dangereuses des assistants vocaux. « Lors d’une interaction récente entre un enfant et l’assistant Alexa, l’appareil a suggéré à une fillette de 10 ans d’essayer de toucher une prise avec une pièce de monnaie », alertent les chercheuses. Et de souligner : « Il est difficile d’appliquer des contrôles parentaux robustes sur ces appareils sans affecter gravement leur fonctionnalité ».

À plus long terme, ces appareils pourraient aussi avoir des conséquences sur l’empathie, la compassion et l’esprit critique des enfants. Sans compter qu’ils pourraient réduire leurs capacités d’apprentissage.

« Une mauvaise méthode d’apprentissage de l’interaction sociale »

Autre problématique, les chercheuses ont observé que les enfants avaient tendance à considérer les assistants vocaux comme des êtres dotés de sentiments, même s’ils sont conscients qu’ils restent des machines. « Le fait d’exiger des formes de politesse, comme ‘s’il vous plaît’ ou ‘bonjour’, lors de l’interaction avec les appareils peut augmenter le risque que les enfants donnent à l’appareil un aspect ou un comportement humain », alertent les chercheuses. 

Selon elles, le ton de la voix n’est pas pris en compte par les assistants vocaux lors de l’échange, ce qui pose un problème de politesse et de bonnes manières : l’enfant ne peut pas savoir si son ton est impoli ou odieux. « L’absence de capacité à s’engager dans une communication non-verbale fait de l’utilisation de ces appareils une mauvaise méthode d’apprentissage de l’interaction sociale. Alors que dans de réelles interactions humaines, un enfant recevrait généralement un retour constructif s’il se comportait de manière inappropriée, cela dépasse le cadre d’un appareil intelligent », s’inquiètent-elles.

Des conclusions critiquées

Parue le 27 septembre dernier, cette étude fait l’objet de débats au sein de la communauté scientifique. « Cet article universitaire n’apporte aucune preuve nouvelle de l’impact des assistants vocaux sur les enfants. Il s’agit d’un article d’opinion, dont l’argumentation repose en grande partie sur des reportages et des preuves anecdotiques, et qui cite très peu de preuves scientifiques. Les impacts des assistants vocaux sont probablement mitigés et très dépendants de la façon dont ils sont utilisés par les enfants », a déclaré le Dr Amy Orben, responsable du programme track scientist de l’Université de Cambridge, au magazine Bloomberg (source 2).

Une conclusion partagée par le Dr Caroline Fitzpatrick, interrogée par le quotidien britannique The Guardian: « tant que les parents respectent les limites recommandées pour les enfants, je ne pense pas qu’il y ait lieu de s’alarmer » (source 3).



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