Terry Tarpey, joueur méconnu mais indispensable aux Bleus

0 0


Pour un peu, il se serait excusé. « J’étais au bon endroit au bon moment », a soufflé Terry Tarpey, samedi 10 septembre. Sur le parquet de la Berlin Arena, dans les ultimes instants d’une étouffante prolongation entre l’équipe de France masculine de basket et la Turquie, l’ailier a surgi, à moins de trois secondes du buzzer final, interceptant le ballon et annihilant les derniers espoirs des joueurs du Bosphore.

Si son panier, inscrit après la sirène, n’a pas compté, le numéro 22 des Bleus n’en a eu cure. Vainqueurs (87-86), après avoir frôlé l’abîme, les Français se sont hissés en quarts de finale de l’Euro. Ils affronteront, mercredi 14 septembre, de surprenants Italiens pour une place dans le dernier carré (17 h 15). Et Terry Tarpey devrait de nouveau se retrouver dans le cinq de départ.

Au bon endroit, au bon moment. La formule s’applique parfaitement à celui qui évolue en club au Mans. Arrivé sur la pointe des pieds en équipe de France en novembre 2021, à la faveur des fenêtres internationales où ne figurent ni les joueurs NBA (ligue nord-américaine), ni ceux de l’Euroligue (ligue semi-privée entre les plus grands clubs d’Europe), le joueur était loin d’être assuré d’un strapontin pour l’Euro.

« Au début de la préparation, je ne le connaissais pas vraiment, reconnaît le pivot Rudy Gobert. Mais son nom m’avait interpellé bien avant de jouer avec lui.  » Terence M. Tarpey III évoque, il est vrai, davantage les gratte-ciel new-yorkais que les Pyrénées ariégeoises, d’où son arrière-grand-père paternel a émigré pour devenir chef dans l’Empire State Building.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés A l’Euro de basket, le renfort polémique des joueurs naturalisés

S’il teinte la langue de Molière d’un bel accent américain, l’ailier franco-américain n’est pas passé par la case « naturalisation » comme nombre des joueurs de l’Euro. Né à Poissy (Yvelines), où évoluait son père, Terry Tarpey II, également basketteur, le joueur de 28 ans a passé ses trois premières années dans l’Hexagone. Il n’y est revenu qu’en 2016, après un cursus complet aux Etats-Unis, d’abord en ProB (deuxième division), avant de rallier Le Mans, où avait également évolué son père.

Une galaxie très lointaine des stars de la NBA

« C’est un peu fou de parler d’Evan [Fournier] et de Rudy [Gobert] comme des amis et des coéquipiers », reconnaissait le joueur après la victoire contre la Lituanie, au premier tour. Ses émoluments au Mans – 130 000 euros annuels, selon Basket Europe – le font évoluer dans une galaxie très lointaine des stars de la NBA et des près de 33 millions d’euros touchés, par exemple, cette saison par Rudy Gobert, le nouveau pivot des Minnesota Timberwolves.

Mais, sur le parquet, Terry Tarpey a gagné sa place. « Pour certains, je sors de nulle part, admet le joueur. Mais j’ai travaillé toute ma vie pour ça. Je crois que la France commence à apprécier ce que je peux apporter avec ou sans le ballon en mains. »

En début de préparation, Vincent Collet avait mis le Manceau en exergue dans le vestiaire. « Il y va toujours à fond, n’a pas d’états d’âme, connaît son rôle et le tient à la perfection », exposait le sélectionneur tricolore. En poste depuis 2009, le technicien normand connaît l’importance des joueurs de l’ombre dans l’alchimie d’une équipe nationale. « On a besoin de joueurs comme ça pour être une meilleure équipe. Tout le monde ne pourra pas briller et jouer son basket le plus productif. Le rechercher serait une erreur. »

Lire aussi : Euro 2022 de basket : des Bleus rajeunis, aux ambitions intactes

Dans un groupe renouvelé cette année en l’absence des tauliers Nicolas Batum et Nando de Colo, Vincent Collet a vite compris ce que pouvait apporter le cocktail d’abnégation, d’énergie et de défense de celui qui était surnommé « Spiderman » au lycée, pour sa capacité à jaillir sur tous les ballons. « Ses matchs amicaux nous ont suggéré qu’il pourrait être une pièce du puzzle. Il a de suite trouvé son rôle ». Celui qui met le « bleu de chauffe », qui ne rechigne jamais aux tâches de l’ombre. « Mon père n’était pas trop défenseur, donc il a essayé de faire de moi un bon défenseur quand j’étais petit », relate Terry Tarpey.

« Comme s’il comblait tous les trous »

« A chaque fois que Terry est sur le terrain, c’est comme s’il comblait tous les trous, lui rend hommage Rudy Gobert. Il est devenu indispensable. Il dégage une énergie positive pour l’équipe, se met complètement à son service et fait toutes les petites choses pour les autres. On a besoin de ce genre de joueurs. C’est un peu ce que Nicolas [Batum] faisait, dans un autre registre. » « Si l’on veut gagner, tout le monde doit comprendre qu’il est le parfait exemple de la manière dont on doit jouer », appuie Evan Fournier, le capitaine français.

Moins impressionnant physiquement que nombre de ses coéquipiers, jamais avare d’un sourire communicatif et comme doué du don d’ubiquité tant il semble être simultanément aux quatre coins du terrain : en bien des points, Terry Tarpey évoque aussi N’Golo Kanté. « C’est mon joueur préféré », a apprécié l’ailier tricolore dimanche sur Twitter, au sujet de l’indispensable milieu de terrain des champions du monde français du football.

Le meilleur intercepteur de l’Euro (2,2 ballons volés par match) n’est plus un secret, et plusieurs clubs huppés se seraient renseignés auprès du Mans sur sa situation. Lui insiste pour « rester concentré sur l’instant présent ». Mercredi, face aux Italiens, Terry Tarpey fera tout pour, une fois encore, être au bon endroit, au bon moment.

Lire aussi : Euro de basket 2022 : l’Italie méduse la Serbie de Jokic, et se dresse sur la route des Bleus





Source

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

Average Rating

5 Star
0%
4 Star
0%
3 Star
0%
2 Star
0%
1 Star
0%

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *