Une étude révèle un lien entre certains produits chimiques et le risque de pré-éclampsie

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Les substances perfluoroalkylées ou PFAS, qualifiés de polluants chimiques “éternels », constituent une famille chimique complexe regroupant près de 4500 composés distincts. Ces composés sont largement utilisés, notamment pour leurs propriétés antiadhésives ou anti-tâches. Outre leur persistance dans l’environnement, des effets sanitaires sont également possibles. Ainsi, l’ONG Générations Futures rappelle à ce sujet que des études scientifiques ont associé l’exposition à un certain nombre de PFAS à de graves effets néfastes sur la santé, notamment des cancers, et à des impacts sur les systèmes immunitaire, reproducteur et hormonal, ainsi qu’à une réponse réduite aux vaccinations.

Bien que les scientifiques reconnaissent leur toxicité potentielle, ces derniers n’ont pas encore compris comment exactement ces substances ont un impact sur la santé humaine. Une nouvelle étude menée par des chercheurs du Brigham and Women’s Hospital suggère une association entre l’exposition au PFAS et la pré-éclampsie tardive,une maladie de la grossesse qui associe une hypertension artérielle et la présence de protéines dans les urines. Ce syndrome résulte d’un dysfonctionnement du placenta et peut entraîner de nombreuses complications s’il n’est pas diagnostiqué et traité : retard de croissance intra-utérin, naissance prématurée voire décès de la mère et/ou de l’enfant.

Un risque de pré-éclampsie d’apparition tarive plus élevé

Les chercheurs rappellent dans leur étude publiée dans la revue Environmental Health Perspectives qu’il existe déjà une corrélation entre l’exposition prénatale aux PFAS et la pré-éclampsie, suggérant que des toxines influencent le développement de ce trouble. « Les PFAS sont omniprésents dans l’environnement et sont couramment détectés chez l’homme. », explique le Pr David Cantonwine. « L’exposition au PFAS a été liée à un large éventail de résultats néfastes pour la santé, y compris en matière de reproduction. Dans notre étude, nous nous sommes concentrés sur les effets de l’exposition aux PFAS au début de la grossesse et sur les sous-types précoces et tardifs de prééclampsie. »

Pour mener cette étude, les chercheurs ont analysé les données et des échantillons sanguins de 150 femmes enceintes. Le but : mesurer la présence de neuf produits chimiques PFAS à environ 10 semaines de gestation chez 75 femmes qui étaient un diagnostic de prééclampsie et 75 femmes pour qui la grossesse se déroulait bien grâce à des biomarqueurs présents dans le sang. Les résultats ont montré une association entre l’exposition prénatale aux substances perfluoroalkylées ou PFAS et la prééclampsie d’apparition tardive, mais non précoce. Ce qui suggère que le rôle joué par les PFAS dans la pré-éclampsie pourrait ne pas impliquer principalement le développement placentaire, comme les chercheurs le pensaient.

À l’avenir, l’équipe scientifique espère reproduire cette étude à plus grande échelle pour valider les résultats et explorer les mécanismes biologiques en cause. Car si des études plus importantes reproduisent ces résultats, une telle découverte pourrait alors inciter les pays à adopter une politique plus stricte pour réduire l’exposition du public aux PFAS. « L’objectif était de fournir des informations aux scientifiques qui cherchent à faire des études similaires. La reproduction et la validation de ces résultats peuvent aider à nous informer sur l’impact des substances toxiques telles que les PFASsur la santé maternelle, conduisant, espérons-le, à des changements de politique pertinents. », conclut-elle.



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